07 novembre 2009
Ananda Devi, Eve de ses décombres, lu par Daniel
Paris, Gallimard, 2006, 155 p.
Quatre adolescents mauriciens, habitants de Troumaron. L'une d'eux est assassinée. Tout le monde est suspect aux yeux de quelqu'un... Un roman fort et très poétique, volontiers stupéfiant, qui donne à lire, à tour de rôle, les pensées et les actions de chacun. Tout cela, sous l'égide du poète Arthur Rimbaud: on n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans...
J'en parle aussi ici: http://fattorius.over-blog.com/article--on-n-est-pas-serieux-quand-on-a-dix-sept-ans--38951684.html
Daniel, 19635 p.
Michaël Perruchoud, Les six rendez-vous d'Owen Saïd Markko, lu par Daniel
Fribourg/Genève, Faim de Siècle/Cousu Mouche, 2008, 177 p.
Il s'agit là d'un récit de voyage totalement éclaté où le narrateur relate six rencontres faites aux quatre coins de l'Europe (et un peu au-delà, jusqu'à Beyrouth) et sublimées par l'alcool. Le tout dans un ton fort poétique, parfois grandiloquent, contrebalancé par le personnage de Charly, ou plutôt par sa voix. Un récit maîtrisé qui fait découvrir des lieux (Beyrouth, justement), mais aussi des hommes, à chaque fois différents.
J'en parle aussi ici: http://fattorius.over-blog.com/article-six-rencontres-pour-sublimer-le-monde-38783970.html
Daniel, 19480 p.
Patrick Besson, 1974, lu par Daniel
Paris, Fayard, 2009, 171 p.
Le genre de titre de livre qui ne peut que m'interpeller: puisque je suis né cette année-là, voyons si l'auteur en touche deux mots, même en passant. De ce point de vue-là, Patrick Besson m'a un peu laissé sur ma faim... Plus sérieusement, il s'agit d'un recueil de nouvelles publié au début de cette année, peut-être pour marquer les 35 ans de littérature de l'auteur. Il évoque l'actualité d'ailleurs (la Grèce des colonels qui s'effondre, les musiciens communistes, etc.) et de plus tard, avec un tempérament ludique assez insoupçonné. Une bonne lecture, dont il a malheureusement trop peu été question.
J'en parle aussi ici: http://fattorius.over-blog.com/article-quand-patrick-besson-joue-avec-la-langue-38486156.html
Daniel, 19303 p.
Amélie Nothomb, Métaphysique des tubes, lu par Daniel
Paris, Albin Michel, 2000, 171 p.
C'est court, un roman d'Amélie Nothomb, et c'est écrit gros. Ici, elle se propose de raconter les trois premières années de la vie d'une fillette qui pourrait être elle, fonctionnant comme un dieu incarné en tube digestif (d'où le titre) devenant progressivement un être humain. Ca commence comme une thèse, par l'exposé d'un substrat théorique. Puis ça parle de bêtises d'enfance... Mouais.
J'en parle aussi ici: http://fattorius.over-blog.com/article-parlons-de-dieu-ca-interesse-amelie-nothomb-38585949.html
Daniel, 19132 p.
Catherine de Saint-Phalle, Nous sommes tous des Carthaginois, lu par Daniel
Paris, Buchet-Chastel, 2004, 247 p.
Ce petit roman raconte une enfance, celle d'une narratrice qui pourrait être l'auteur, balancée entre un père cultivé mais fantasque qui lui raconte l'Antiquité et une mère pour le moins originale. Un peu décalé peut-être, écrit de manière agréable, mais ce n'est pas le genre de roman dont je conserverai un souvenir impérissable...
Daniel, 18961 p.
Carles Casajuana, Le dernier homme qui parlait catalan, lu par Daniel
Paris, Robert Laffont, 2009, 238 p.
Balaguer est le dernier occupant d'un immeuble où il possède un appartement; le propriétaire du reste du bloc fait pression pour qu'il dégage. Problème: Balaguer a besoin de rester pour finir son roman. L'irruption d'un autre écrivain, squattant l'immeuble, va obliger Balaguer à interroger son rapport à l'écriture, et en particulière à la langue. Carles Casajuana en profite pour offrir ici une réflexion sur le catalan tel qu'il existe (ou pas) en ce début de vingt et unième siècle. Intéressant, très lisible, l'ouvrage pose de bonnes questions!
J'en parle en détail ici: http://fattorius.over-blog.com/article-le-dernier-homme-qui-parlait--38251270.html
Daniel, 18714 p.
22 octobre 2009
Shane Stevens, Au-delà du mal, lu par Bernadette
Editions Sonatine, 759 pages
Ce roman, écrit en 1979, est édité pour la première fois en français. Ce livre est l'un des livres fondateurs du roman de serial killer, tout comme Le Dahlia noir, de James Ellroy ou encore Le Silence des agneaux, de Thomas Harris.
Thomas Bishop est enfermé en hôpital psychiatrique à l'âge de 10 ans suite au meurtre de sa mère. Il y restera quinze ans et réussira à d'évader. Suit alors un véritable massacre au travers des Etats-Unis de la Californie jusqu'à New-York. Un roman passionnant à lire absolument !
Total des livres lus par Bernadette à cette date : 5125 pages
21 octobre 2009
Lucien Rebatet, Les deux étendards, lu par Daniel
Paris, Gallimard, 1951/2007, 1312 p.
"Les deux étendards" relantent, dans un style flamboyant, la destinée de deux amis amoureux de la même femme: Régis, futur jésuite, et Michel, athée convaincu, qui va cependant chercher à s'approprier la religion catholique afin de complaire à l'amie, Anne-Marie. Il y a là de la vigueur, du grand style, des discussions sans fin, et un beau portrait de la ville de Lyon. Bluffant.
J'en parle en détail ici: http://fattorius.over-blog.com/article-mille-trois-cent-douze-pages-pour-deux-etendards-37960960.html
Daniel, 18476 p.
01 octobre 2009
Poppy Z. Brite, La Belle Rouge, lu par Daniel
Vauvert, Au Diable Vauvert, 2009, 492 p.
On retrouve ici le tandem Rickey/G-Man qui a fait les riches pages du roman "Alcool". Leur restaurant marche du tonnerre, mais une critique particulièrement assassine fait réagir tout l'état-major de l'établissement. Parallèlement, Rickey se voit confier une mission de consulting pour un restaurant de Dallas en perte de vitesse. Le tout est mené avec brio; on reprend le même contexte qu'autrefois, et on le creuse. L'intrigue paraît mieux construite que dans le tome 1 (où elle sert plutôt de décor à l'irrésistible ascension des deux cuistots), et l'homosexualité des deux héros est explorée plus avant.
J'en parle en détail ici: http://fattorius.over-blog.com/article-36357255.html
Daniel, 17164 p.
24 septembre 2009
Michel Roquebert, Histoire des Cathares, lu par Bruno
Éd. Tempus, 538 p.
Cette histoire des Cathares couvre plus d'un siècle d'une lutte acharnée de la papauté contre une hérésie qui a laissé de profondes traces dans la mémoire collective du sud-ouest français. Il faut cependant ajouter que le terme de "cathare" n'est que très peu utilisé par l'auteur. Contrairement à ce qui est communément affirmé, le terme de "cathare" ne viendrait pas du grec "catharos" qui signifie "pur" mais il aurait été "fabriqué" par leurs ennemis. "Cathare" viendrait du latin "catus" car ces hérétiques étaient censer "baiser le cul des chats"... Tout un programme ! Cette hérésie a pourtant été si populaire dans la région du Languedoc et du Roussillon (mais aussi en Catalogne ou en Lombardie) que les différents papes vont mettre des dizaines d'année avant de pouvoir commencer à agir contre cette hérésie. Et lorsque la fameuse Croisade des Albigeois va commencer, rien ne se passera comme le prévoyaient l'Église. Il faut dire que les comtes de Toulouse et de Foix, vassaux des rois d'Aragon et de Catalogne et protecteurs des hérétiques (qui constituent soit dit en passant un pilier de la société de l'époque) vont à l'époque quasi intouchables. Les Croisés se met cependant en branle en 1208, sous la conduite de Simon de Montfort, petit seigneur français qui va vite s'avérer un personnage indispensable. Au terme de batailles et de tueries qui sont restées dans l'histoire (le fameux "Tuez-les tous" de la prise de Béziers), la reprise en main par la religion catholique de ce pays va se faire par l'Inquisition, créée pour l'occasion. Elle n'aura de cesse d'éradiquer toute trace de cette hérésie. Michel Roquebert offre un tableau vraiment intéressant de cette guerre religieuse, politique à l'échelle européenne qui a durablement bouleversé le visage de la France. Il est impressionnant de voir la maîtrise de cet historien et la façon qu'il a de nous décrire un siècle de guerre cathare presque mois après mois. Le plus impressionnant est aussi la manière qu'il donne vie aux gens de cette époque en suivant pas à pas la vie de quelques habitants ordinaires pourchassés impitoyablement par l'Église. On imagine l'énorme travail de documentation ! A noter aussi que cet essai suit quelques inquisiteurs dans leur tâche, et parmi ceux-ci : Bernard Gui, rendu célèbre grâce au Nom de la Rose d'Umberto Eco. Un essai brillant et exemplaire !
Total des livres lus par Bruno à cette date : 9 387 pages